Restaurant gastronomique dans l’arrière-pays niçois : les producteurs qui font notre carte
Chercher un restaurant gastronomique dans l’arrière-pays niçois, c’est accepter une idée simple : la qualité d’une assiette se décide bien avant la cuisine. Chez Père & Fils Raingeard, à Sclos-de-Contes, l’essentiel de la carte se joue dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres — dans les restanques, les poulaillers de plein air et les jardins d’aromatiques de la vallée des Paillons et du moyen pays.

L’arrière-pays niçois, un terroir gastronomique à part entière
On associe volontiers la gastronomie des Alpes-Maritimes au littoral : les palaces, les ports, les grandes tables de la Promenade. Le véritable garde-manger du pays niçois est pourtant en hauteur.
Oliviers en terrasses, maraîchage sur restanques, petits élevages, truites des vallées du Cians et du Var, fromages de chèvre, herbes de garrigue : ici, l’agriculture est contrainte par la pente. Donc modeste en volume. Donc soignée. C’est exactement ce qui intéresse un chef.
Contes en est un bon exemple. La vigne et l’olivier furent longtemps les deux ressources de l’économie paysanne locale : le vieux village abrite encore un musée de la vigne et du vin, le moulin à huile de la Laouza et un moulin à fer. Cette mémoire agricole n’est pas décorative : elle explique pourquoi, à quinze kilomètres de Nice, on trouve encore des producteurs capables de livrer chaque matin.
Quatre producteurs, quatre convictions
Nos producteurs ne sont pas des fournisseurs : ce sont des partenaires. Chaque ingrédient est choisi pour son goût, mais aussi pour son histoire. Voici quatre des maisons avec lesquelles nous travaillons au quotidien.
Les Restanques d’Aurélien : les légumes bio du moyen pays
À quelques kilomètres du restaurant, Aurélien cultive en agriculture biologique des légumes de saison sur des terrasses de pierre sèche. Courgettes fleurs, tomates anciennes, févettes, betteraves : ce sont ses livraisons qui déterminent une bonne partie du menu de la semaine. Quand une variété s’arrête, le plat s’arrête avec elle.
La Ferme des Garfes : volailles et œufs de plein air
La Ferme des Garfes – Galli Nice élève ses volailles en plein air, avec des densités faibles et un temps d’élevage long. Ses œufs frais et ses volailles se retrouvent notamment dans notre brandade de volaille des vallées des Paillons, un plat devenu signature, hérité du répertoire du chef.
Ma Première Boulangerie, à La Turbie : le pain au levain
Pains au levain, farines locales, fermentation lente : à La Turbie, tout est fait maison. Un détail ? Pas vraiment. Le pain est le premier contact du client avec la maison, avant même l’entrée. Le nôtre a du caractère, une croûte franche et une acidité qui tient face aux sauces.
Les Jardins d’Alice : herbes aromatiques et plantes médicinales bio
Artisane et herbaliste, Alice cultive en bio des herbes aromatiques et des plantes médicinales. Basilic, origan, sarriette, verveine, mélisse : des aromates coupés la veille, dont les huiles essentielles sont encore intactes. C’est ce qui donne à l’origan du bar rôti son parfum réellement méditerranéen.
Ce que le circuit court change vraiment dans l’assiette
Réduire la distance entre la récolte et l’assiette n’est pas qu’un argument de communication. Quelques heures au lieu de plusieurs jours, et tout change : la tomate garde son parfum, l’herbe garde ses huiles volatiles, l’œuf garde une texture qu’aucune chaîne logistique ne restitue. Travailler les légumes de saison au cœur de leur période de récolte, c’est cuisiner un produit à son apogée gustative — et non un produit qui a voyagé.
Techniquement, cela modifie la manière de cuisiner. Marinades, infusions, réductions : derrière une apparente simplicité, chaque assiette cache un vrai travail de chef. Lorsque le produit est juste, la cuisine peut se permettre d’être discrète. C’est la devise de la maison : transcender la simplicité est une forme d’élégance.
C’était d’ailleurs l’intention affichée dès l’ouverture : une cuisine élaborée à partir de produits locaux, bio et issus d’une agriculture raisonnée, à des tarifs maîtrisés. Un an après, la promesse tient — et la liste des producteurs partenaires s’est allongée.

Une carte qui vit au rythme des livraisons
Conséquence directe : la carte n’est jamais figée. Un plat du jour chaque jour, un menu de la semaine renouvelé, des variations dictées par ce qui arrive en cuisine le matin. Pour le client, c’est une raison de revenir : la table de septembre ne ressemble pas à celle de juillet. Pour l’équipe, c’est une discipline : pas de stock dormant, pas de compromis.
Quelques plats qui racontent ce territoire : la tarte tatin de tomates confites au chèvre frais contois, la truite du Cians juste rôtie au curry, le quasi de veau aux févettes, la sélection de fromages du pays, la salade de fraises de pays. Aucun n’est une citation folklorique : ce sont simplement les meilleurs produits disponibles à quinze kilomètres.